Quel bel été nous avons eu ! Du soleil, presque que du soleil ! Et ... aucune information nous avertissant des risques de sécheresse ... Pouvoir profiter du soleil jour après jour, sans culpabiliser d'utiliser de l'eau, quel bonheur !
Me voilà donc revenue pleine de réflexions, de questionnements et de perplexités en ce qui concerne notre monde et notre avenir.
En ce temps d'épidémie d’informations, une phrase m’a interpellée :
"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de personne, alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie."
Platon (IVe siècle av. J.C.)
Quelle actualité ! En la lisant, je la croyais écrite pour notre temps. En réalisant qu’elle datait de tant de siècles, je réalise qu'éduquer a toujours nécessité fermeté et autorité. Cela me rappelle un passage du livre «Eduquer ses enfants » où Aldo Naouri nous conseille le mode « fasciste » pour éduquer nos enfants :
« il m’est arrivé d’écrire qu’il fallait élever ses enfants sur un mode dictatorial, « fasciste » en quelque sorte, pour en faire plus tard des démocrates, parce qu’on est assuré d’en faire plus tard les pires fascistes qui soient si on les élève, comme on s’est mis à le faire depuis deux générations, sur le mode démocratique. Car qu’est-ce, somme toute, qu’un fasciste, sinon un individu baignant, tout adulte qu’il soit, dans sa toute-puissance infantile ? J’espère avoir démontré la pertinence de l’attitude à laquelle renvoie la formule, pour choquante qu’elle ait pu paraitre. »
Cela me touche au plus profond de mon quotidien. Et vous ?

Fascite est probablement un peu fort. Il y a certainement une once de démocratie à mettre dans nos décisions qui concernent directement nos enfants ; je ne vois pas l'intérêt à la forcer à faire de la danse si elle préfère aller au club de natation.
En revanche il est des décisions qui si elles sont explicables sont non négociables. Ce sont celles relevant de la sécurité, de la vie en société et de l'éducation. Donc... presque tout le reste !
Amitiés à toi Michèle.
Rédigé par: Luc | 15 septembre 2009 à 20:53
Bonjour Michèle
Je regardais hier Apocalypse : voilà la vraie image du fascisme. Violence inouïe, arbitraire, crises d'autorité, ignominie, jouissance du pouvoir, mal absolu, embrigadement, manipulation, déshumanisation, etc. Je fais une différence entre poser un cadre protecteur, stable sur du long terme, et piquer des crises d'autorité violentes de temps en temps. Il y a des mots qui trimballent des trucs terribles. Je trouve indécent pour ma part de proposer le mot fascisme pour qualifier une forme d'éducation des enfants, et pour toute autre chose d'ailleurs. Luc a raison : mon enfant a lui aussi une idée de ce qui est bien pour sa vie, sans doute un peu différente de la mienne.
Ce matin, Pierre, 13 ans, est descendu déjeuner le jean légèrement baissé sur ses fesses, ce qui m'a fait sourire. Son papa a réagi vivement en lui disant qque chose comme : 'remonte ton pantalon, c'est n'importe quoi cette histoire !' Je me suis dit alors qu'il avait raison et que je faisais preuve de laxisme en ne réagissant pas. Nous avons besoin de repères et de savoir comment les autres se situent. Pierre a besoin de repères dans sa famille et la réaction de son père ne l'a pas surpris. Il sait depuis longtemps ce que son père pense et comment il réagit. Ca ne l'empêche pas d'avoir ses propres idées, au contraire : ses repères étant stables, il peut se construire tranquillement par rapport à eux. On est loin du fascisme, loin de la démocratie aussi : en fait, ce n'est pas le propos adéquat, à mon avis.
Rédigé par: Catherine Mengelle | 16 septembre 2009 à 10:36
Chère Michèle,
Comment pourrais-je être d'accord ?
Ce que dit Platon n'est que clarté. ce qui tente d'être dit ensuite me plonge dans des affres de perplexité.
J'ai un avis sur cette question de l'éducation. Ce n'est pas la démocratie qui est un soucis, c'est la démission.... et la démocratie n'est pas la démission c'est même tout le contraire.
Pour ce qui nous concerne, nous avons élevé nos enfants dans le soucis de prendre leur avis en compte ainsi que nous leur avons fait part des contraintes, de toutes les contraintes à prendre en compte, y compris les nôtres. C'est ça la démocratie. Et ils ont compris car les enfants comprennent quand on leur explique et qu'on ne déroge pas aux règles qu'on leur édicte. Les enfants ont un fort sentiment d'injustice quand l'injustice est avérée. Mais il ont un sentiment de totale adhésion lorsqu'ils savent qu'ils obéissent aux règles qui fondent le bien être final.. y compris lorsqu'il s'agit de la dure discipline de la musique et de son apprentissage et du jouer ensemble ensuite.
Et maintenant, je pense que nos enfants sont plus que des démocrates, ce sont des adultes épanouis.
Laissons le fascisme là où il aurait du rester, c'est à dire dans l'antre des pires crimes que l'homme n'est jamais commis contre l'humanité tout entière.
Voilà peut-être les limites du raisonnement que j'ai lu quand ce raisonnement ne prend en compte que les comportements individuels pour expliquer la marche du monde en général et l'éducation en particulier. Les conclusions de ton texte m'ont glacé le dos.
Il existe une dimension collective indispensable à prendre en compte permettant de forger les individus par les principes de responsabilité, de solidarité et d'équité que la vision collective peut seule développer pour le bien être de chacun. Ceci est particulièrement vrai pour l'éducation, et l'école et la famille sont les premiers lieu de socialisation.
Rédigé par: Jacques POTIER | 25 septembre 2009 à 11:44
Merci à vous Luc, Catherine et Jacques de vos partages. Bien sur que ce mot de "fascisme" est bien trop fort et n'est pas à sa place. Je pense qu'il est là pour frapper les esprits. C'est ce qu'il fait ... un peu trop. J'en suis désolée.
J'aime la différence proposée par Jacques entre "démission" et "démocratie". C'est une nuance qui me parait très juste dans le propos.
Merci à vous pour ces éclairages, qui rendent le propos plus équilibré.
Michèle
Rédigé par: Michèle | 25 septembre 2009 à 15:36