Marlo Morgan est médecin américaine et travaille en Australie, lorsqu'en 1993, des aborigènes lui proposent d'honorer son travail par une fête traditionnelle en son honneur. Voilà comment Marlo Morgan rencontre le "Peuple Vrai" et part plusieurs mois dans le busch, dans un voyage initiatique réalisé uniquement pour elle. A la suite de ce voyage, elle nous transmet le message de ce peuple, par l'intermédiaire de 2 livres : « Message des hommes vrais au monde mutant » et « Message en provenance de l’éternité »
Ces livres m’ont touchée et me portent tous les jours depuis leur lecture. Ils m’ont touchée de maintes manières, et il va m’être difficile de limiter les sujets. Peut être ferai-je plusieurs articles sur le sujet.
Pour commencer, si nous restons avec notre manière de voir les choses, nous pouvons limiter nos opportunités d'apprentissage. Apparemment, les aborigènes n’ont pas l’écriture. De notre point de vue d'Européens civilisés, nous pourrons penser qu’ils sont sous développés. En fait, il n’en est rien. Pour pouvoir continuer à exercer leur mémoire tout au long de leur vie, ils ont choisi de ne rien écrire, ayant conscience que la facilité sera alors d'oublier. Cela a une autre conséquence de ce choix est le lien social. La mémoire, l’histoire, l’information, se passent d’individu à individu. Sans écriture, c’est l’humain qui reste au centre de la transmission.
Je comprends ainsi mieux pourquoi les pratiques narratives sont nées en Australie. Ces pratiques nous proposent de poursuivre la construction de l’identité des personnes en tissant des liens sociaux avec des individus, internalisés ou réels. (voir notamment l’article sur la légitimité de pierre Blanc-Sahnoun).
Ce qui me touche encore fortement dans ces livres, c’est de voir comment peut fonctionner une société basée sur la coopération. Peut être le fait qu’elle soit basée sur des activités de type artistique par opposition aux nôtres basées sur l’agriculture et les commerçants, peut expliquer cela. Elle est surtout basée sur le développement de chaque être, et non pas le développement de l’avoir. Un tel exemple me donne du recul sur ce que je vis, et m’amène à poursuivre mes questionnements sur mes choix, en partant de points de vue nouveaux.
Par exemple, les aborigènes marchent dans le désert toute la journée. Or ils n'ont qu'un repas par jour, le soir. Ils disent leur nourriture plus riche en produit utiles à leur équilibre. J'ai alors revu ma manière de manger, en mangeant moins et en intégrant du bio dans mon alimentation. Puis j'observe et reste à l'écoute de mon corps.
J'ai l'impression que ces livres m'ont permis d'être plus responsable, de me poser plus de questions sur les conséquences de mes choix. Sachant que les aborigènes laissent toujours le lieu qui leur a servi pour dormir, comme ils l'ont trouvé la veille, je m'interroge sur ma responsabilité vis à vis des déchets que je génère. Ceci est un autre exemple de ces prises de conscience que ces livres m'ont apporté. Et ... ce n'est que moi !

Merci Michèle d'avoir cité mon blog. Pour ma part, je trouve ton article vraiment intéressant car il enrichit dans mon esprit l'idée que si l'approche narrative a démarré en Australie, ce n'est pas par hasard, mais ce que je voyais surtout jusque là, c'était le lien avec les génocides et à la mise en valeur des résistances qui permettent aux communautés de lutter contre les effets des problèmes. Ton article suggère qu'il y a peut peut-être encore autre chose de plus fondamental, comme l'héritage d'une civilisation vieille de 40000 ans... Je vais lire Marlo Morgan !
Rédigé par: Pierre Blanc-Sahnoun | 26 octobre 2009 à 07:59
Michèle,
Je lis avec bonheur tes billets du moment.J'aime ton écriture au fil de tes sensations, de tes lectures et des événements qui te touchent.
Et ici, moi qui aime tant lire et écrire, j'aime découvrir cette idée que "Sans écriture, c’est l’humain qui reste au centre de la transmission."
Rédigé par: André | 26 octobre 2009 à 12:07